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Les établissements d’enseignement français à l’étranger accueillent des publics d’une grande diversité : des élèves français expatriés aux élèves ressortissants des pays d’accueil en passant par des élèves ressortissants de pays étrangers tiers. Pour faire de cette diversité une richesse, l’agence pour l’enseignement français à l’étranger met en œuvre un projet pédagogique fondé sur une ouverture à la culture du pays d’accueil. Cette orientation se traduit par une politique des langues et une adaptation de programmes scolaires.
La politique des langues
L’apprentissage des langues est au cœur des projets d’établissement qui affichent le plus souvent leur volonté de former des élèves bilingues voire trilingues.
Ainsi, dans tous les établissements, un enseignement précoce et renforcé des langues est mis en place.
Dès la maternelle, on introduit l’apprentissage de la langue du pays d’accueil, sous forme d’activités diversifiées. Ainsi sont enseignés le tchèque, l’espagnol, le mandarin, l’arabe pour ne citer que quelques exemples.
A partir du CE2 : une deuxième langue peut être introduite, l’anglais le plus souvent, l’allemand et l’espagnol (cela dépend bien sûr du lieu d’implantation de l’établissement).
L’apprentissage des langues étrangères ne se limite pas à des cours de langues puisque dans certains établissements, on enseigne des disciplines (non linguistiques) dans une langue autre que le français (sans pour autant perdre de vue l’identité de l’enseignement qui fait du français une langue de travail et de communication).
Quelques établissements ont également mis en place des sections bilingues, construites sur un partage des contenus disciplinaires, enseignés pour moitié en français et pour moitié dans une autre langue.
L’agence pour l’enseignement français à l’étranger encourage, par ailleurs, l’ouverture de sections européennes (validées par le ministère de l’éducation nationale) comme par exemple au lycée de Bruxelles, qui a mis en place l’enseignement obligatoire, pour tous les élèves de 5 ème d’une discipline dans une autre langue que le français.
L’adaptation des programmes
Les établissements d'enseignement français à l'étranger témoignent d’une volonté d’ouverture aux autres cultures, en proposant des programmes scolaires d’histoire et de géographie adaptés au contexte local. Ainsi les élèves ressortissants des pays d’accueil ne sont-ils pas privés de l’histoire de leur pays ; ainsi les élèves français bénéficient-ils de l’enrichissement que représente l’immersion dans une culture étrangère.
Dans nombre de pays, les autorités locales imposent un programme complémentaire pour les élèves ressortissants du pays d’accueil. Cette exigence entraîne la cœxistence de deux programmes et donc une surcharge horaire préjudiciable aux apprentissages. Ce simple constat justifie la nécessité de passer de la juxtaposition à l’intégration des programmes.
L’Espagne fournit un bel exemple de programme intégré. Les accords franco-espagnols prévoyaient un enseignement d’histoire et de géographie espagnols (que l’on appelle « sociales »), qui se juxtaposaient aux programmes français. Les autorités académiques des deux pays ont travaillé pendant plusieurs années à rassembler dans un même programme les enseignements de « sociales » et d’histoire géographie. Un nouveau programme a donc été créé dans un souci d’intégration et non de fusion (on peut identifier les apports des deux cultures) ou de juxtaposition (le but est d’alléger les programmes et les horaires des élèves).
Dans les autres établissements les programmes ont été simplement adaptés selon le schéma suivant :
- Des éléments du programme d’histoire-géographie du pays d’accueil ont été introduits en lieu et place de certaines parties du programme français (d’histoire-géographie). Ces aménagements ont été validés par l’Inspection générale du ministère de l’éducation nationale, à l’issue de concertations avec les groupes de travail mis en place dans chaque zone géographique.
- Ces ajustements portent sur l’ensemble du cursus et prennent donc en compte l’école primaire (principe d’unicité des établissements). Ils ne concernent pas les classes à examen (3 ème et terminale) et ne peuvent excéder un tiers de chaque programme d’enseignement.


